C'est un sournois serpent persifleur qui me susurre succinctement "Viens"

Mais s'il est si constricteur, s'il est prêt à m'étouffer, c'est parce qu'il m'aime.
Laissons le faire, il a passé trop de temps à plat ventre, le nez dans la poussière à ramper pour trouver de l'herbe plus verte que le sable jaune du désert d'où il viens...
Je suis son Jardin d'Eden et m'enlever à elle reviendrai à la contraindre à vivre (à nouveau ?) dans un monde ou tout n'est que cendre.

"Viens, ne fais confiance à personne d'autre, jamais sur Terre on ne t'aimera comme je t'aime moi"

L'inverse est aussi valable.

Mais m'aime-t-elle plus qu'elle ne me hait ?
Est-ce que je la déteste autant que j'ai viscéralement besoin de sa présence ?

Ce sont des questions rhétoriques, sans réponses (excepté celle du "juste milieu" mais elle comme préférons les dangereux extrêmes au fade et inconsistant tiède )

---

(pris en notes dans le métro)

C'est injuste.
On va bientôt m'enfermer -tant mieux pensez vous- sans raison aucune?
D'ailleurs, ma raison, je l'ai toujours.
C'est elle qui l'a perdue.
Moi, j'ai seulement du mal à m'alimenter correctement, rien de plus.
Elle est folle, c'est un fait.
Quoique, elle ne l'a pas toujours été, je crois bien que c'est moi qui l'ai rendue ainsi en osant me soumettre aux lois naturelles de la croissance physique et de l'apprentissage du liberté d'agir, d'opinion et de choix.
Son état s'est détérioré au fil des ans, au fur et à mesure que MON enfance NOUS échapais.

C'était fou, flou, surréaliste dans la foule aujourd'hui

13h métro Richelieu-Drouot, retour à la maison :

"R ?! R?! R DONDE ESTAS ?"

"S'il vous plaît, ma fille, elle est partie, je l'ai perdue, je ne sais pas où elle est..."

"Votre attention s'il vous plaît, R est attendue par sa mère à l'accueil"

Se faire discrète au milieu des voyageurs, aussi petite qu'un souriceau pourrait l'être.

Je la voyais du bas des escaliers :son état de tension était tel qu'elle n'avais même pas pensé à descendre sur le quai.

Et puis si seulement elle n'avait pas préféré téléphoner à mon père à l'extérieur pour se donner en spectacle plutôt que d'en parler calmement à la maison ; je ne serais pas partie loin devant.

[c'est incompréhensible ? normal, c'est à finir. mais vous me connaissez...]

---

Le rendez vous chez la psy tait désastreux, non. Destructeur plus qu'autre chose.

---

38.2

Mon esprit est un champs de ruines et mon corps, le front d'un champs de bataille.

(écrire, encore et toujours, partout et sur n'importe quoi, ça vaut mieux que de pleurer. Même si je n'écris plus par plaisir ou par amour de l'art mais juste pour ne pas crever)
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 14 novembre 2009 09:33

Modifié le samedi 14 novembre 2009 10:12

Panique

Tout d'abord, je tiens à vous remercier pour le "merveilleux" début d'après midi que j'ai passé...
Elle a très mal pris d'avoir été mise à l'écart, elle a crû que je l'avais fais exprès pour pouvoir me mettre à mon avantage et pester dans son dos -alors qu'au contraire, j'ai eu l'impression de l'avoir défendue... Je me répète sans doute mais elle ne me veux pas de mal.-

...

---

Je ne veux pas aller à l'hôpital.
Les médecins haïssent les anorexiques, elles sont réputées manipulatrices et mythomanes... Ce n'est pas tout à fait faux mais parfois les "précautions" (repas sous surveillance, wc condamnés, pesees surprises...) qu'ils prennent tournent à l'obsession et ne font que nous detruire davantage.

Exemple: en juin dernier

Médecin: une infirmière viendra vous reposer votre gavage tout à l'heure mademoiselle.

Moi: mais on m'avait dit que je n'aurais pas de sonde si je mangeai correctement ! J'ai presque fini mon plateau et j'ai pris plus de deux kilos depuis que je suis arrivée ! Ça ne vous suffît pas ?? Et puis la sonde me fait mal... Quand je mange, quand je bouge, même quand je parle...

Médecin: j'ai beaucoup de patients à voir et en plus je suis seul aujourd'hui alors soyez gentille et cooperez.

Moi: non

Médecin (s'enervant): écoutez, vous avez BESOIN de ce gavage, votre ionnogramme montre que vous êtes encore trop carencée !

Moi (m'enervant): mais je remange alors ça va aller mieux !

Médecin (énervé): je n'ai pas de temps à perdre et vous aurez le gavage de gré ou de force. Je ne vais tout de même pas demander à ce qu'on vous attache, si ?

Moi (enervee): je vous prierais de ne pas me hurler dessus et de rester courtois, je n'ai pas a subir votre mauvaise humeur, ce n'est pas de ma faute si vous êtes obligé de travailler un jour férié ! Vous n'aviez qu'a choisir un autre métier...!

Médecin (se calme, ne réponds pas et part en claquant la porte de ma chambre)

=> et tout cela s'est passé en pédiatrie, alors je n'ose même pas imaginer les méthodes appliquées en psychiatrie...

---

Et si je signe un contrat de poids avec mon généraliste, que je reprends un nombre x de kilos pour pouvoir suivre les cours...?

Et si je me fais poser une sonde en ambulatoire...?

Et si je choisi l'hospitalisation à domicile couplée au Cned...?

Et si...?

Ça va mieux je vous assure. J'étais suicidaire, suicidante, masochiste (scarifications, prises excessives de médicaments, alcoolisation à des "heures innapropriees"...) et envahie d'idées noires l'année dernière. Les 35kg me séduisaient encore...
Maintenant, je ne veux plus perdre davantage de poids, je ne veux plus mourir !

Mais il est vrai que je ne vis (réellement) pas pour autant...

J'ai peur...

---
J'ai réussi -a ma grande surprise- a obtenir un rdv avec ma psy demain

---

Mme, ma mère voudrait vous voir lundi je pense (à défaut de vous voir vous Mr -j'ai réussi à l'empêcher de retourner au lycée pour vous "harceler" ^^) ...

---

38,6
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 14:25

Modifié le samedi 14 novembre 2009 09:34

Trois personnes de plus me connaissent désormais telle quelle, sans ma fierté pour me protéger...

(Bienvenue C, Mme.B, Mr.O !)

...

Ca fait bizarre sachant que dans la vie de tous les jours, en public, je suis quelqu'un de relativement joyeux (enfin je crois, du moins j'essaie d'en avoir l'air) alors les propos que je tiens ici doivent pas mal contraster avec ce que je veux bien laisser transparaitre.
A moins que mon mal être ne saute aux yeux et que je ne tire constamment une tête d'enterrement sans en être consciente...

Bon, au lieu de me torturer les méninges inutilement je ferais mieux d'aller me coucher si je tiens a être présente demain.

---

39,1
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 12 novembre 2009 16:42

Modifié le samedi 14 novembre 2009 09:34

Il fait froid, il fait gris, j'ai la flemme d'écrire un article (je n'ai de toute façon rien à raconter)...

Il fait froid, il fait gris, j'ai la flemme d'écrire un article (je n'ai de toute façon rien à raconter)...
Histoire de ne pas laisser mon blog en friche :

N#1

A : R...Pas de nouvelles... bonnes nouvelles ?

R: pas de nouvelles... Ben pas de nouvelles !
Rien à raconter je n'avance pas, ni en bien (tant pis) ni en mal (tant mieux).

Ma vie est d'une monotonie mortelle mais néanmoins rassurante.

Je viens de me souvenir que c'est la rentrée jeudi et j'étais censée rattraper mes cours pendant les vacances mais évidemment je n'ai rien fait.
Je pars perdante en me disant que je vais de toute façon redoubler.
J'affiche une certaine désinvolture quand je tiens ce discours face à mes profs mais au fond de moi, je crève de rage.
Je VEUX avoir mon bac cette année même s'il ne me servira peut être jamais, je ne VEUX PAS me retrouver avec des gens que je ne connais pas l'année prochaine, je ne VEUX PAS qu'un redoublement entache mon dossier scolaire (même pour des raisons de santé)...

Mais je ne tiens plus le rythme et n'arrive plus (ne souhaite plus ?) remonter la pente...

N#2 :


R : ah ben voilà c'est mieux avec un sourire ! En fait c'était pas la coupe qui te vieillissait mais la tronche que tu tirais ^^
(et je suis toujours du côté des pro-frisettes^^)
Pff l'est nulle cette version fb pr itouch on peut pas commenter directement les photos...

E : merci :) c vrai que c mieux avec les frisettes :)
j'prendrai une photo pr te montrer ;-)
ah pas cool...
ça va sinon ?

R: Capillairement parlant, pas aussi bien que toi (je songe à passer chez le coiffeur mais j'hésite entre trois coupes qui évidemment ne conviennent pas à la nature de mes cheveux qui se queux-de-ratisent de plus en plus... :/
-un carré plongeant long avec une frange droite
-un carré normal aux épaules avec une frange sur le côté
-un carre a la Louise Brooks

Et puis il y a toujours cette obsession platine qui me trotte dans l'esprit mais je ne tenterais pas sinon je finirais avec la coupe de... Papa (sans vouloir l'offenser bien sur^^)

Et puis pour le "reste" bof... Je stagne.
Je suis un peu en mode zombie (ou mamie, c'est plus gai ) ces temps ci.

E: je vote carré normal ;-)
t retourné en cours ? vous avez vu pour une thérapie avec papa ?

R: je pense pas qu'un thérapeute puisse faire quelque chose pour les cheveux de papa ^^ (ouais j'ai bouffé Bozo le clown ce matin :P )

Oui, non enfin comme d'habitude dès qu'il s'agit de prendre une décision importante ou d'entreprendre un grand projet/achat, on (papa, ma mère, moi) met 40 ans avant de se bouger l'arrière train...

Alors oui on en parle, oui il est d'accord pour une thérapie familiale (mais que les bons jours, les pas bons ; il l'a mauvaise et dit que LUI n'a pas besoin d'un psy...)...
Ma mère c'est pareil mais en plus... Extrême (enfin tu la connais...) et puis il y a [beaucoup] plus de mauvais jours (sauf qu'évidemment, devant "les autres" = profs, médecins... Elle est à 100% d'accord et prête à tout pour m'aider... Pff elle la joue si faux-cul que ça passe et on la croit (surtout quand elle nous sort ça avec une ou deux larmichettes et des tremollos dans la voix)

Et puis moi... On peut pas dire que j'y mette vraiment du mien. Je m'en tiens au strict minimum (généraliste) et j'annule un rendez-vous sur deux avec ma nouvelle psy et quand j'y vais, c'est en traînant des pieds (mais en même temps, elle est tellement chiante, mielleuse, l'archétype même du psy qui fait "hum hum je vois continuez" en hochant de la tête.. (tu vois un peu Mireille Dumas dans les guignols ? Bah elle est comme ça ^^)

Et pour les cours, je devais reprendre aujourd'hui (hier c'était encore les vacances) mais

1) j'étais déjà crevée et pas motivée (froid, anxiété...) au réveil

Et

2) ma mère m'a pas aidé en me stressant pour un oui ou pour un non ("si tu sors tu va chopper la grippe a" , il fait trop froid dehors tu va t'enrhumer, "prends au moins un ptit dej avant de partir !, oh non pas ce manteau il est plein de plis !

Et puis l'apothéose, elle a finît par me faire une scène quand elle a entendu le "pschiit" de mon deo : "Romina n'utilise pas d'aérosol, ça va diffuser des particules dans l'air qui vont rentrer dans tes bronches et te donner le cancer ! En plus tu sais que j'ai été malade et que je suis sensible à ça, si je dois retourner à l'hôpital et me faire opérer, je t'en tiendrai responsable !"

Pff... Des particules... Mais BORDEL je me suis pas amusée à vaporiser du deo dans toute ma chambre en guise de parfum d'ambiance...!

Ça m'a fait péter un câble pcq c'est tellement délirant comme propos qu'il n'y a rien répondre...

Du coup j'ai fait un début de spasmo et je suis restée a la maison alors que j'étais prête à partir.

Et évidemment elle m'a engueulé d'être restée alors que c'est elle même qui ne voulais pas que je parte...

Enfiiiiiin bref, business as usual, gageons qu'elle va me faire le même coup demain.

Je devrais plutôt t'envoyer ça en inbox, tes potes vont me prendre pour une dingue...!

Bah j'men fiche, j'en connais pas les 3/4 :P

Bisoux

---

Penser à:
-faire ma prise de sang
-voir le Dr.K
-retourner chez le Dr.G (ma psy) ?
-finir mes livres de la bibliothèque
-m'acheter des gants
-FAIRE QUELQUE CHOSE POUR LE LYCÉE (y retourner ? me descolariser ? n'importe quoi pourvu que je cesse de faire l'autruche...)

---

39.3

# Posté le mercredi 11 novembre 2009 11:11

Censure...

J'hallucine ou mon dernier article a disparu ??

---
Repassée au dessus de 40 (40,1 très precisemment), je vais sortir marcher pour régler leur compte à ces foutus grammes...

# Posté le mercredi 04 novembre 2009 08:18

J'ai les yeux rouges, bouffis, gonflés, je me suis tapé une "crise de pleurs hystériques" en rentrant chez moi. J'avais pourtant passé une bonne journée (sourire, même pour de faux, rire même quand ce n'est pas drôle, dire que je vais bien même si je meurs de m'ennuyer et m'ennuie à mourir... Juste par politesse, la R dépressive et déprimante n'est pas fréquentable alors cachons la.)

Ça fait deux fois en deux jours quand même...
Je n'aime pas pleurer, c'est laid.
Dans les Disney, les princesses restent jolies même chagrines ; moi je deviens monstrueuse et difforme.
Je me préfère émotionnellement anesthésiée.

---

Je suis retournée en cours aujourd'hui.

Philo: interro, je l'ai joué kamikaze et ai demandé à la faire quand même

Histoire: MY GOD THIS TEACHER IS CRAZY, juste surréaliste...

Lettres: zzz... Rooon pschiiit... Charybde, Scylla, Ulysse, Polyphème, zzz...

Anglais: j'ai une prof sponsorisée par Chanel (la salle sent le n•5, alors ça ne peut que rendre l'heure plus douce :) )

Philo-le-retour: j'ai décroché en cours de route... Perdue dans mes pensées...

Espagnol: comique, tragique, bordélique... Pauvre remplaçante, désemparée face à une classe qui a à peut près 3 ans de cours de retard... Je n'ose plus participer, peur de passer pour "Mademoiselle j'expose ma science" et puis marre de devoir répéter 15 fois mes phrases (d'un niveau pourtant basique...) pour être comprise...

---

Repas:

Desayuno : nada

Almuerzo: un café (Judy - Tu "déjeunes" où ? Ça serait sympa si on pouvait se voir le midi ! Elga aussi est à la Sorbonne si j'ai bien compris ? Ou je suis complètement à côté de la plaque ?

Et Hely, si tu me lis, c'est où Descartes ???)

17h: otro café con mi hermana y mi padre

Cena: bv...

---

Psy demain ( au fait, j'ai oublié de vous dire que je voyais une nouvelle psy depuis qqls temps, demain, ça fera trois fois. Ça se passe plutôt bien en ce moment, enfin c'est surtout parce qu'il ne se passe rien... Elle ne m'a même pas demandé mon poids, c'est que je dois encore avoir l'air bien portante [en tout cas je suis sûre d'avoir l'air de peser plus que mon poids réel ; dois-je m'en réjouir ? Oui et non...])
Elle est un peu ennuyeuse (je passe d'un Barbu moqueur, parfois acerbe ou trop direct à une analyste chamallow et mielleuse... Mais bon elle est gentille...)

---

Vu ma s½ur aussi (l)

---

Crotte, j'aurais encore mal au crâne demain au réveil... :/

# Posté le jeudi 15 octobre 2009 19:27

Modifié le mercredi 11 novembre 2009 11:36

Notes notes notes ! Stress stress stress ! Merde merde merde !

9-10-15-13-14

Respectivement pour l'écrit, l'oral, l'enseignement scientifique, les maths et les TPE.

Réaction ?

~Très déçue pour l'écrit, j'ai du me laisser emporter dans mon délire médiéval et faire un HS...
(et puis j'ai tout de même perdu un point par rapport à mon premier essai :( )

~Très surprise pour l'oral sachant que l'entretien s'est à peu près déroulé ainsi :

-Vous avez lu la pièce ?
-Pas en entier (en vrai, le livre était encore neuf...)
-Vous êtes allée aux sorties théâtrales ?
-Non
-Vous avez lu les oeuvres complementaires proposées ?
-Non
-Et là, ce truc sur Mozart ça vous dit quelque chose ?
-Ah oui... Euh attendez, en fait non...
-Bon bah je vous interroge sur quoi moi...?
-Je ne sais pas, sur ce que vous voulez, je suis désolée...
-C'est moi qui suis désolée pour vous !
-... :$

~Contente pour les sciences.

~Idem pour les maths

---

Rendez vous avec mon directeur de division et mes parents à 16h30.
Je ne suis toujours pas retournée au lycée... Ça va bientôt faire un mois.

---
37,9

---

# Posté le mardi 13 octobre 2009 08:22

Modifié le mardi 03 novembre 2009 12:22

«Au final, tu sais, ce n'est pas moi qui en sortirai perdante ! Je serais peut être malheureuse c'est vrai, mais je vivrais toujours ! Après tout j'ai bien survécu à la mort de ma mère ! »

[Ce qu'elle croit...

Elle n'aurait sans doute pas le même comportement si ma grand-mère n'était pas décédée si tôt.

En vrai, elle est morte, vide, pourrie et rongée par l'amertume à l'intérieur...

Ça se comprend. On en veux à la Terre entière quand on se retrouve à demi orpheline sans trop savoir pourquoi...]

Je devrais être heureuse d'entendre une phrase pareille (quoique, peut être pas de si bon matin...!) ; d'avoir l'assurance que je ne lui suis pas essentielle, qu'elle ne sera pas vide une fois mon envol pris...

Et pourtant ça m'a plus vexé qu'autre chose.

Parce qu'elle avait utilisé ce ton de défi pour lequel elle opte à chaque fois qu'elle ne veux perdre, s'incliner ; parce qu'une fois de plus elle a été glaciale et acérée dans l'unique but de me prouver qu'elle est la plus forte de nous deux.

Si elle savait combien c'est inutile... Je suis faible, j'en suis consciente.

J'aurais aimé qu'elle me le dise hors dispute, en le pensant réellement, pas juste lancé violemment comme un fouet sur mes vertèbres, ça aurait pu dénouer de nombreux problèmes :(

38.3

EDIT

Ce poids était celui d'hier soir. Je viens de me re-peser : 38,1

:|
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 12 octobre 2009 03:54

Modifié le mardi 03 novembre 2009 12:22

Mon dieu ce que ça fait du bien quand il n'y a personne chez moi !

Je devrais me faire offrir un ordinateur portable, ça me permettrais d'écrire depuis ma chambre sans avoir à subir les coups d'½il mal placés de mes parents sur mes textes...

Et puis je pourrais ENFIN vous consacrer plus de temps... Vous répondre...

Sachez en tout cas que je vous lis toujours avec attention (l)

38.6

On dirait une température...

# Posté le lundi 28 septembre 2009 10:59

J'ai été assaisonée cette nuit...

J'ai été assaisonée cette nuit...
Drôle de titre n'est-ce pas ?

C'est pourtant la vérité !

Je me suis réveillée saupoudrée d'un mélange d'herbes de Provence.

Mon esprit paranoïaque m'a immédiatement fait penser "Ça y est, elle a sombré dans le délire mystique, ça devait être la pleine Lune cette nuit et elle en a profité pour tenter de chasser le Malin de mon âme..." .

Après tout, les derniers mots qu'elle m'aura dit avant que je n'aille me coucher ont été "je crois que le Diable t'habite" ...

Alors évidemment au matin, je n'ai pas pu m'empêcher de lui poser la question :

-Pourquoi il y a des herbes de Provence sur mes oreillers ?

-C'est pour éloigner les moustiques parce qu'hier soir, pendant que tu prenais ta douche, j'ai ouvert la fenêtre de ta chambre en laissant la lumière allumée du coup, ils ont été attirés et sont rentrés, je voulais pas que tu te fasse piquer...

-Ah... d'accord. Merci.

J'ai regretté mes mauvais préjugés.
C'était juste une gentille attention.
Une de plus.

C'est vrai que ma mère est pleine de bonnes intentions. Peut être trop. Dès qu'elle peut m'aider, se faire sentir utile voire indispensable, elle en profite et saute sur l'occasion.

~~~

Hier soir j'ai parcouru l'autobiographie d'Isabelle Caro La petite fille qui ne voulait pas grossir oui parcouru, pas lu ; parce que quand un livre m'intrigue particulièrement ou que je voulais le lire depuis longtemps, je ne peux m'empêcher de le lire dans le désordre, souvent en commençant par la fin ou les derniers chapitres.

Ça ne gâche pas mon plaisir de lire pour autant parce que quand ces derniers cris écrits sont poignants, violents, intrigants ou juste teintés d'espoir, ça ne fait qu'attiser un peu plus mon envie d'en connaître les origines, de savoir "comment on en est arrivé là" ; alors j'entame une seconde lecture, plus conventionnelle cette fois ci : de la première majuscule au dernier point.

Et bien à la suite de cette première approche je retiens :

● ces quelques mots qui ont eu la résonance d'un choc électrique sur mon c½ur trop souvent sourd-muet :

'' Un médecin vient voir Maman, qu'on a cantonnée dans la salle d'attente. "Votre fille est dans le coma. On fait tout ce qu'on peut, mais on ne sait pas si on va arriver à la sauver."

Entre deux plongées dans les ténèbres, je suis poursuivie par des visions effrayantes, la fin du monde dans un crash de planètes, le jugement dernier envoyant toutes les âmes en enfer. Puis un tunnel au bout duquel brille une lumière aveuglante m'aspire. Je m'arc-boute de toutes mes forces, je ne veux pas y aller, je me cramponne à la mince étincelle de vie qui menace de s'éteindre en moi. Je crie, à la grande surprise des infirmières qui ne comprennent pas comment un corps aussi affaibli peut parvenir à proférer des sons dune telle stridence. Ensuite, je me mets à chante une sorte de cantique susceptible de me ramener sur Terre. De l'autre côté de la vitre qui isole les patients du service de réanimation, Maman, le visage ravagé de larmes, me regarde lutter.

Par moments, je remonte à la surface de la lucidité, puis je repars inexorablement. Des souvenirs, récents et anciens, se bousculent. Les étoiles hier soir dans le ciel au-dessus des Pyrénées se mélangent avec les carrés de nuit que découpait la fenêtre de la maison, à Arbonne-la-Forêt. Je sens les écharpes écraser mon nez, les fibres de laine se glisser entre mes lèvres, j'étouffe, je vous en prie, délivrez-moi, ôtez-moi les écharpes que je puisse respirer.

Une femme coiffée d'un voile bleu s'approche de mon lit. Peut-être est-ce la Sainte Vierge qui vient me chercher pour m'emmener au Paradis.

Non, je la reconnais, c'est Maman [...] "


J'ai pleuré parce qu'a force d'osciller entre lucidité et inconscience, je fini par oublier que moi aussi je suis mortelle... Alors lire, noir sur blanc, de façon aussi nette et crue que les Tca tuent, ça me force à faire taire cette partie de moi que j'appelle "positive" , celle qui "voit toujours le bon côté des choses pour ne pas sombrer" mais qui au fond ne fait que mentir. Parce que c'est justement en me refusant la vérité - aussi âpre soit-elle- que je risque le plus d'y laisser ma peau.

Malheureusement, ça ne dure jamais longtemps...

Je me vois sens toujours comme la bonne grosse fifille qui ferait bien d'arrêter de s'empiffrer si elle ne veut pas bientôt avoir à se fournir en pantalons et en pulls au rayon maternité des magasins.

Alors je me cache. J'ai peur, j'ai honte, je ne dois pas, je m'interdis de manger devant les autres.

Mon versant dépressif dirait :

"Eux en ont le droit, pas toi"

Mon versant hystérique affirmerait plutôt :

"Eux en ont le besoin, pas toi"

La différence est sibylline mais pourtant bien réelle.
En effet si ma première facette subit, ne s'interdit pas mais plutôt se fait interdire la nourriture en vertu de je ne sais quelle loi qui n'autoriserai pas aux "grosses truies" comme elle de s'alimenter sans sanction-retour ; l'autre aspect de ma personnalité ou plutôt, l'un des autres, est dans l'interdiction active et volontaire puisqu'il se targue de ne pas avoir à s'abaisser à un besoin aussi vulgaire, sale et primitif que celui de se nourrir...

Et puis ma mère est entrée dans ma chambre, sans frapper ni prévenir comme à son habitude, pour me demander je ne sais quoi (enfin si je m'en souviens, mais c'est inintéressant, tout ce qu'elle voulais, c'était me voir, voir si je dormais et sinon, voir comment j'allais, savoir ce que je fais, ce que j'écris, ce que je lis, ce que je regarde à la télévision, ce que j'écoute sur mon Ipod, à qui je parle au téléphone, si j'avais changé dans l'espace d'une heure, où elle était venue faire la même chose : me poser une question idiote histoire de me voir...) j'ai éteint la lumière pour ne pas qu'elle voie mes larmes et ai été très sèche, presque agressive dans mes réponses...

Ce qui nous amène au second point et qui justifie le lien entre des élément aussi hétéroclites que

-Des herbes de Provence
-Le Malin
-Les gentilles attentions
-Isabelle Caro
-Sa mère
-Ma mère
-Mon enfance
-Les Tca :

● Depuis toujours, je sais que ma relation à ma mère est particulière et aussi forte que fragile, depuis longtemps je sais qu'elle me considère comme son bien le plus précieux et plus récemment ; j'ai réalisé qu'elle vivait à travers moi autant que je vivais à travers elle.

Actuellement, mes Tca, ma dépression et tout ce qui en découle m'invalident beaucoup : je suis trop fatiguée pour me lever à l'heure pour aller en cours, trop angoissée pour m'endormir plus tôt, trop abattue pour avoir l'envie/le désir de faire des efforts pour m'en sortir... (mais cela est-il réellement possible ?)

Du coup, je suis en arrêt maladie depuis deux semaines. Quinze jours où je n'ai pas été au lycée, 360 heures que j'ai passé chez moi ; avec ma mère, comme avant quand je n'allais pas encore à l'école et qu'elle ne travaillais pas encore.

Plus je m'enfonce et plus ça la rend indispensable.

Au fond, c'est ce qui lui convient le mieux. Quant à moi, je fais avec. Ce n'est pas si inconfortable d'être dépourvue de responsabilités même si parfois, j'aimerais bien que ma vie cesse de n'être qu'une vaste cage dans laquelle je tourne en rond à longueur de temps.

~~~

Je me perds... Je vais devoir tenter de vous résumer dix-sept ans d'une vie en un article; dix-sept ans d'une relation amour/haine des plus intenses alors je vais essayer de garder mon calme et de procéder méthodiquement pour essayer de vous offrir des propos un tant soit peu compréhensibles et chronologiquement ordonnés.

[ Je ferais mieux d'écrire un bouquin narcissico-thérapeutique, une autobiographie quoi... Mais à dix-sept ans, ça sonnerait un peu comme une farce non ? Remarquez, Miley Cyrus l'a bien fait alors pourquoi pas moi ? :| ]

~~~

Mais je préfère ravaler ma soif de vie pour ne pas nuire à la sienne.

Un jour :

Elle : oh regarde la dame avec la poussette la bas ! Regarde les petites chaussures du bébé ! Il est adorable ! Tu te rappelles quand moi aussi je te promenais comme ça ?

Moi : oui... je suis sûre que si tu en avais encore la possibilité, tu ne te priverais pas pour le faire encore...

Elle: Oh oui ! J'aimerais tellement... Tu sais que je t'ai sortie en poussette jusqu'à sept ans !

Moi : Je sais oui...

(pour être plus précise, elle m'a transportée en poussette Pour la dernière foiS à sept ans mais ce n'était pas quotidien. Une fois, simplement, elle avait été prise d'une envie soudaine et elle m'avait emmené au marché comme ça... J'avais accepté - quoique je doute qu'elle ne m'ai réellement demandé mon avis- parce que je trouvais ça "rigolo" , elle était aux anges mais a du se faire une raison après avoir eu à affronter les regards mauvais et inquisiteurs des "autres" ne comprenant pas qu'une si grande enfant puisse être aussi assistée qu'un bébé.
Ça ne s'est plus jamais reproduit.
Heureusement...)

Enfin pour l'instant...
Bientôt, c'est un fauteuil roulant qui me tiendra lieu de landau si je continue à perdre du poids.

Mon anorexie me plonge dans une sorte de Benjamin-Buttonisation des plus morbide : pour l'instant, j'en suis au stade de la grande enfance mais après ?

Après, je n'aurais plus l'énergie nécessaire pour de sortir de mon lit, elle m'apportera mes repas sur un plateau et j'userai mes dernières forces à ramper telle une pécheresse jusqu'aux toilettes, elle devra me faire la toilette, me coiffer. Peut être que je ne pourrais même plus boire normalement alors elle me donnera un biberon...
Elle dormira avec moi la nuit, de peur que je ne fasse un arrêt cardiaque parce que durant mon sommeil, mes pulsations se font plus lentes, trop lentes...

Et là, elle aura gagné.

Je lui aurais donné ce qu'elle attendrai le plus de moi, un amour infini, une utopie d'enfance éternelle...
Sauf qu'aveuglée par son bonheur, elle ne réalise pas que moi même, je n'ai pas le contrôle sur cette course au passé et qu'après avoir refusé de devenir adulte, mis de côté mon adolescence, joui du statut d'enfant-reine et m'être finalement rabaissée au stade de nourrisson ; je redeviendrais poussière.

Et là, elle aura perdu.
Elle m'aura perdu.
Elle aura TOUT perdu.



[Elle est rentrée je ne peux continuer d'écrire, je me sens surveillée. Blocage. Mais cette fois ci, je dois finir. Il en va de ma vie de trouver une solution à cet enfer parfait.]

Image : un élément de Guernica de Picasso La mère portant son enfant mort...

# Posté le jeudi 24 septembre 2009 07:49

Modifié le lundi 28 septembre 2009 10:29